L'abbaye de Divielle à Goos.


Une abbaye sur la rivière le Louts, entre Préchacq-les-Bains et Goos.
 
En empruntant la RD 368 qui conduit de Goos à Préchacq-les-Bains, à hauteur du pont construit sur la rivière Louts, on peut apercevoir des ruines. Ces pans de murs sont les témoins d’un long passé religieux.  C’est en ces lieux que fut élevée l’abbaye de Divielle. Le nom de Divielle vient de Dei-Villa qui signifie Maison de Dieu, les moines Trappistes d’aujourd’hui la nomment « la Maison de Campagne de Dieu ».

À quelle date fut construit ce monastère ? En 979 ou encore en 1132, rien n’est prouvé. En revanche, nous savons que les Prémontrés l’occupèrent en 1209. Pendant six siècles, les « chanoines  réguliers» de Prémontré, en plus de l’abbaye, serviront diverses paroisses et hôpitaux, notamment  sur les routes de pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Très vite, l’abbaye de Divielle sera connue, reconnue, puissante et influente. Elle devient une abbaye riche. Les bourgeois de Dax et de la région, en échange de donations, se font enterrer dans le cloître de Divielle. Les abbés se verront nommés barons de Goos et de Préchacq.


À l’image de nombreuses églises de Chalosse, les guerres de Religion  s’invitent à Divielle en 1569. Le monastère est ravagé par les flammes. La bibliothèque et les papiers sont détruits. Le 31 décembre 1619 sera plus heureux pour la communauté, le marquis Bertrand de Vignolles-Lahire et le duc de Gramont sont faits « chevalier de l’ordre du Saint-Esprit » en l’église abbatiale. Puis, en 1789, c’est la Révolution française. Comme tous les monastères de France, Divielle voit partir ses religieux contraints d’abandonner les lieux.

 

Le site devient bien national et se transforme en ferme. Les bâtiments se détériorent. Mais Divielle va trouver un nouveau souffle. L’abbaye est devenue la  propriété de la famille de Bernard Domenger, riche commerçant en vins de Mugron. Devenue veuve,  Madame Domenger souhaite redonner une vie religieuse à Divielle. C’est le 9 novembre 1869 que s’installent à Divielle, avec l’aide de Monseigneur Épivent, évêque d’Aire et de Dax, des Trappistes venus de  Bretagne. Une trentaine de moines, dix français et une vingtaine d’Espagnols  exploitent 150 hectares de terres agricoles. En 1880, la communauté réussit à survivre malgré l’expulsion des religieux étrangers. La propriété agricole est prospère, on y fabrique essentiellement du fromage. Mais en 1932 sonne la dernière messe à Divielle.

 

Le site ne résiste pas à l’usure du temps et aux démolitions. Maintenant propriété privée. Il est devenu dangereux et n’est pas autorisé à la visite.  Mais, Jean-Pierre, qui a retracé la vie de ce monastère, pourra vous en parler longuement.